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politique et non politique

Dans les éternelles questions qui me traversent, celle de ma politisation est la plus torturante. Un va et vient constant entre mon implication et mon retrait, une danse d’un pied sur l’autre entre envie d’en découdre et vivre ma vie, comme si par moments les deux se séparaient. Parfois, tout est plus évident et ça tranche, mais le questionnement revient, inlassablement.

Je me demandais ce qui avait fait notamment que j’arrête tout militantisme. Venue à Paris pour rejoindre ce que j’appelais des camarades et compagnon, je me suis cognée à l’incohérence des discours en regard des vies, en creusant la question et en découvrant qu’au sein d’un même groupe, je n’étais pas d’accord avec certaines personnes que ce soit dans les mots et l’implication dans sa vie et avec d’autres oui. Il y avait la surface politique et ce qui se trouvait en dessous : la vie comme on la mène et comment on cherche ou non une cohérence entre ses idées et ses façons de vivre. Je me suis aperçue que mon militantisme alors se détachait de moi, c’est à dire que la politique devenait extérieure, pas uniquement de mon fait mais du fait de la pression du groupe dans le simple fait que la diversité de son rapport au politique ne pouvait pas faire autrement que détacher le politique et la placer « au dessus » ou en dehors de soi. On ne pouvait pas maintenir un groupe sans ça, on ne pouvait pas maintenir une unité factice si on commençait à questionner son propre rapport à ce qu’on veut combattre et sa propre cohérence puisque constater que les vies, les tensions et les buts n’étaient pas les mêmes et partaient dans plusieurs directions, aussi artificiellement il fallait poser le politique ailleurs, au dessus,  plutôt qu’admettre qu’on était là pour soi aussi et poursuivant des buts différents.

J’ai pensé abandonner le militantisme quand j’ai simplement discuté avec les différentes personnes à y être plus ou moins, plus ou moins impliqués, plus ou moins suiveurs-euses, et la teneur de ces discussions et constaté qu’il n’existe pas plus de collectif que de vision uniforme affichée et que le collectif est tout aussi artificiel que le vocabulaire politique. En somme, quand j’ai vu avec qui je pouvais discuter de ce qui nous traverse, en dehors des mots du politique pur et dur et que je trouve toujours un peu artificiels, quand cette couche grise du politique se lève et rend enfin visible ce qui se trouve en dessous : la personne, ce qu’elle est en dehors des attributions diverses, et c’est en discutant sans ces mots du politique strictement que j’ai pigé les affinités plus profondes quand il y en avait et que j’ai pigé aussi de qui il fallait que je m’éloigne. Mon rejet personnel du collectif n’était pas un rejet de toutes les personnes y étant ou des sujets dont on discutait, mais du cadre, qui déformait, bouffait, tronquait, et démilitait les gens à y être, les dénuant aussi de leur richesse propre. Je m’ennuyais autant en réunion que je pouvais avoir grand plaisir à discuter par ailleurs, que ce soit de sujets politiques ou du reste, quand les mots ne cherchaient pas à coller à une grille de lecture rigide posée a priori. C’est plus ou moins un paradoxe : discuter de ce qui n’est pas politique me donne envie ou non de lutter avec une personne, parce que ça n’est pas juste théorique, c’est aussi palper et savoir si on peut faire confiance, savoir quel buts on partage.

Je me demandais il y a peu comment réagir face à des conspis croisés, et dans une discussion il était question de contrer les discours fascisants par du discours politique. Je n’arrivais pas à être d’accord de façon floue, sans que j’arrive à préciser ma pensée. C’est que, politique non-politique, je ne vois pas bien comment on peut espérer quelque chose d’autre que de l’artificiel à plaquer des mots désincarnés sur une implication intime et personnelle. Et ça posait aussi la question de l’implication politique : répondre par le politique est une façon d’extérioriser le politique. J’ai du mal à expliquer clairement, pour faire simple je ne crois pas qu’il faille être au taquet des questions de mouvements et pensées politiques pour agir ou refuser une autorité, c’est mettre sous condition la parole et les actes des gens à prendre part, une sorte d’élitisme. En quittant le militantisme que je trouvais artificiel et me poussait à adopter une position qui ne me correspondait pas, j’ai retrouvé des évidences perdues de vue. Comme j’avais constaté que l’analyse féministe continuelle m’avait privée aussi des armes que j’avais auparavant : avant ça, face à une situation miso, j’avais des réflexes dans le refus catégorique et dans le féminisme je m’étais perdue à vouloir expliquer pour que la personne en face comprenne mon cheminement, et je voyais bien que ça ne servait à rien et ça m’enfonçait dans le désespoir et l’impuissance. Réapprendre à affirmer fortement le refus d’une prise de pouvoir sur ce prétexte que je suis née femme dans cette société est autrement plus efficace qu’expliquer en quoi c’est horrible. L’intellectualisation de ce que cette société produit est à mon sens un danger, et aujourd’hui je me méfie comme il y a longtemps des orateurs, parce que les évidences sont cachées par le cynisme : l’accusation d’être bisounours quand on se révolte face aux morts des frontières, de la taule, de l’exploitation, une expression brute de ce refus, traduit aussi toute la déshumanisation, le ricanement face à cette révolte est insupportable parce qu’il est une déshumanisation pour faire accepter des massacres. Pour moi l’artificiel de la politique c’est ça : s’éloigner dans l’intellectualisation de sa propre révolte, arriver à accepter ce qui n’est pas acceptable par le chiffre, par l’analyse, par la politique détachée de soi.

Dans ma petite danse d’un pied sur l’autre sur ma propre implication, j’ai fini par me dire que si je ne suis pas au taquet des questions politiques ça n’est ni grave ni déterminant,  je ne vois pas pour quelle raison ça devrait être une obligation. Savoir ce qui est un trait de tel ou tel courant politique ne me parle pas et ne me renvoie à rien, en revanche savoir à quoi amène un mode de pensée ou d’action concrètement et sous mes yeux parle à ce que je suis au fond et me permet ou de rejeter ou de considérer cette question sérieusement. Je me sens un peu comme le narrateur du Vaisseau Fantôme de B. Traven : ne comprenant pas pourquoi on interdit ceci et cela ou qu’on enferme pour ceci et cela sur tel ou tel prétexte.  Cette naïveté moquée par les politiques est ce qui me rend forte pourtant à rejeter viscéralement une autorité cherchant à s’exercer, c’est ce qui fait que je ne peux pas constater une tentative de prise de pouvoir, de manipulation, un exercice de l’autorité sans réagir. Et ceci ne me demande pas d’être politisée, je n’ai pas besoin de théoriser ou de connaitre précisément les courants politiques pour comprendre ce qui est en jeu. Exactement comme par ailleurs je peux dire qu’écrire ou dessiner ne nécessite pas la connaissance académique pour le faire. Mais j’ai tendance à justifier ma naïveté parce que j’ai aussi l’habitude des gens qui cherchent ou à protéger où à me penser trop bête pour savoir ce que je fais. La politisation forcée ou l’analyse peut s’immiscer comme ça, dans l’habitude détestable de confondre l’ignorance ou la naïveté avec l’imbécilité ou l’incapacité à être autonome. Prendre la naïveté ou l’ignorance comme excuse à rectifier ou à aiguiller quand il ne devrait y avoir aucun problème à être naïf ou ignorant. La naïveté et l’ignorance ne sont un problème que si on place le savoir au dessus de tout, et en lieu et place de la capacité de réflexion. Je suis ignorante et naïve sur certains aspects et sur d’autres non, comme tout le monde exactement puisque les intérêts et les vécus diffèrent.  Quelqu’un peut être très fin politiquement et une vraie bille en relation humaine, et vice-versa, et sur tous les sujets. Ce n’est pas grave, ni à déplorer forcément, en tous cas ça n’est pas non plus inéluctable ou fatal et c’est dans la discussion et le faire ensemble que ça s’équilibre et dans tout un tas de contextes différents, si on est capables de voir que la force qu’on a ici nous fera défaut là, et ceci sans chercher à manipuler l’autre là où on a des fragilités qu’on ne veut pas forcément admettre ou qu’on craint de dire de peur qu’on s’engouffre dans une faille. C’est un réflexe de préservation, mais ça peut conduire à la manipulation plutôt qu’à une entente franche. Comme dans le féminisme je n’aurais pas supporté qu’on me dise victime d’un homme -et on me l’a dit provoquant une fureur chez moi- considérer que je portais une faille là m’aurait aussi fait écouter les mises en garde plutôt que claquer la porte au nez de réels soutiens et amitiés. La clé n’était pas tant dans l’aide de l’extérieur mais dans la reconnaissance d’une fragilité en moi, et le soutien et la complicité avec l’extérieur aurait été alors plus simple pour me sortir de ma situation.

C’est ce qui a fait mon retrait d’un collectif après une brève incursion dont je présageais pourtant que c’était une erreur : je voulais tenter tout en m’en sachant incapable parce que je ne peux pas détacher ces colères de moi, je ne peux penser ni écrire ni agir dans un cadre mettant le politique en dehors de moi et le délimitant à des sphères qui ne sont pas les miennes. Partir de ce que je suis, avec mon vécu, avec mes tensions et avec mes propres armes surtout, n’est pas du tout une dépolitisation mais au contraire la prise en compte que le politique veut administrer nos vies et les contraindre, et la mienne avec puisque je ne vis pas en dehors de ce monde. Ne pas vouloir ou pouvoir être politique est politique, c’est aussi considérer que n’importe qui a parfaitement les armes pour refuser et se révolter, et qu’il n’y a pas besoin de connaissance particulière pour comprendre qu’une pensée ou un mode d’action a telle ou telle conséquence, ça n’a pas besoin de mots spécifiques renvoyant à une grille strictement politique. Retrouver ces évidences et avoir cherché à comprendre comment et pourquoi cette impossibilité à suivre ou à vouloir être suivie m’attirait de telles foudres dans un rejet violent de ce que je suis, moi-même et ne mettant pas le politique au dessus de moi, m’a surtout permis de considérer les cibles réelles de mes colères et de ma révolte qui pendant cette incursion dans le militantisme avaient tendance à se déplacer. On m’a souvent dit que je me trompais de cibles dans mes attaques, ce qui me mettait hors de moi. C’était à la fois faux et à la fois vrai : les rôles et les tensions de la société à faire adhérer à ces rôles posent la question du nécessaire retour sur soi, là où cette critique était en partie vraie c’est que ma virulence retournée contre des personnes individualisaient le politique bien que je cherchais à éviter ça, ce qui n’est pas un mal en soi si c’est à titre d’exemple concret de ce qu’on raconte, mais ça comporte le risque non négligeable de résumer un problème à une personne ou un groupe déterminé de personnes quand il s’agit surtout de mécanismes de pouvoir en jeu, de mécanismes qui reproduisent sans fin les hiérarchies et l’autorité. Cibler une personne ou un groupe condamne à devoir recommencer à la prochaine incarnation puisque le fond du problème n’aura pas été attaqué. Mieux cibler c’est me détacher des personnes pour attaquer le mécanisme et qui veut le mettre en place, et je ne peux le faire qu’en tant que personne en particulier, et moi même en particulier : l’anonymat n’est pas un oubli de soi, mais une volonté d’échapper aussi à la grille de lecture qui sera plaquée. Ce n’est pas une négation de l’individu et de ce qu’il fait mais au contraire reconnaitre que l’individu est ce qui échappe aussi aux mécanismes qui voudraient agir sur lui ou elle. Pour prendre un exemple : dans les phénomènes d’emprise il n’est pas simplement question du pouvoir d’une personne sur une autre qui aurait abandonné tout pouvoir d’action, mais la reconnaissance de ce qui plane au dessus des différentes personnes en jeu et qui les maintient aussi dans une interdépendance malsaine. C’est ce que j’ai pu voir dans des milieux militants : la peur planante d’avoir une pensée hétérodoxe et ne pas l’exprimer par peur d’une ostracisation, ostracisation qui ne manque pas d’arriver quand on place le politique au dessus, en dehors, des gens. Considérer qu’on est impliquéE, soi, dans ce qu’on veut mener comme lutte ou dans sa vie, et entendre les mots de la personne elle-même et non pas l’artificiel de la politique permet aussi une discussion qui ne cabrera pas sur l’emploi de tel ou tel mot marqué politiquement, voulant aussi démarquer des camps de façon artificielle. C’est toutes les raisons aussi pour lesquelles je me refuse désormais de discuter de politique (et du reste) sur les réseaux, là où cette façon de se jeter sur des termes comme traduisant à eux seuls toute une pensée délimitée selon les grilles de lecture du monde de chacunE ne fait qu’amplifier les caricatures et ranger les gens dans des cases précises selon les termes employés. Plutôt qu’expliquer ma pensée j’affirme ma façon d’être, et c’est aussi prendre le risque de ne pas être comprise politiquement. Je me dis que si on a envie de condamner pour cette façon d’être sans chercher à discuter si  on a un doute revient à une condamnation sans savoir, une façon bien prétentieuse aussi de se penser dans le camp du « bien » et une peur absurde d’une seule personne ne cherchant justement ni à assoir ni à subir un pouvoir. « Bien » ou « mal » ne renvoie à rien  d’objectif, puisque selon qui on est et son vécu tout le monde n’a pas la même conception. Mon « bien » à moi n’est certainement pas le « bien » d’un fasciste, tout comme la « liberté » dans ma bouche est radicalement opposée à ce qu’il y met.

Je m’en suis rendue compte quand écoutant un militant qui expliquait que toute critique des médias était suspecte a priori et nécessitait un rejet de ce type de discours et ceci dans une discussion sur la tension fasciste actuelle,  j’ai senti une colère sourde monter en moi : c’était le refus même de considérer une question complexe parce qu’on a une grille de lecture politique figée, et que les mots ont dans cette conception une seule signification, c’est à dire aussi simplifiée. J’ai tu ma colère pour ne pas partir aussi dans une caricature à l’opposé, et c’est le problème des visions globalisantes on a vite fait de leur emboiter le pas. J’ai réfléchi et je me suis dit que ma colère n’était pas sans fondement pour avoir déjà aussi palpé auparavant ce genre de discours : la vision antifasciste coupée du reste coupe forcément des sujets comme les autres autorités en jeu. Je comprends ce qu’il voulait dire, quand la critique des médias cache aussi plus ou moins une vision conspirationniste mais il considérait dans cette vision globalisante toute critique des médias comme conspirationniste, et répondre à une affirmation aussi tranchée ne pouvait pas se faire en 2mn sans risquer une caricature inverse,  ça aurait nécessité du temps. Un copain y a répondu intelligemment en parlant plutôt de la possibilité à portée de main de chacunE à écrire directement et sans médiation, justement, porter une autre parole sans attendre que des médias le fassent pour soi.

Les mots du politique me font l’effet d’un voile sur des réalités qu’on peut aborder de mille et une manières, plus sensibles et plus humaines, plus subtiles aussi. Comme avec certainEs on a pas de discussion politique à proprement parler et qui ont pourtant une signification politique. Comme cette camarade avec laquelle je me suis violemment engueulée ne semblait pas vouloir comprendre que ses façons d’agir et de penser individuellement et dans son quotidien étaient autrement plus parlantes que son travail militant : j’ai appris en la côtoyant à retrouver les armes que j’avais perdues dans mon errance militante et l’enfermement, errance militante qui m’a pourtant aliénée parce qu’elle considérait ce travail militant au-dessus de ce qu’elle était, elle, en dehors de lui. Le souci de la militance n’est pas tant le sujet politique qui le conduit mais plutôt la négation de l’implication intime des personnes à le mener : oublier dans l’intellectualisation et l’analyse du monde qu’on subit ce qu’on porte soi : autre chose, une autre idée du monde, et sa propre révolte, ce qui fait agir et être comme une personne à part entière. Ce qui fait qu’on ne peut pas rester sans rien faire et sans rien dire au quotidien. Ce que m’a rappelé cette camarade c’est ce qu’elle niait d’une certaine façon : que les gens portent en eux quelque chose de beaucoup plus intéressant, riche que ce qu’ils pensent, que leurs façons d’être et d’agir peuvent être beaucoup plus parlant que ce qu’ils analysent et théorisent. Il y a ce que la société valorise qui n’est souvent pas ce qui est réellement important. La valorisation de la politique, de l’intellectualisation, de l’analyse, fait partie du vieux monde pour moi : ce qui se joue n’est pas là. Et étant sortie du militantisme et de la politique je n’arrive plus à voir le moindre intérêt à la pédagogie, à la théorie, à l’analyse, voire j’ai retrouvé ma vieille méfiance vis à vis d’elles : ce sont des choses qui essaient d’extérioriser la politique.

C’est bien en ça que je ne peux pas faire autrement qu’être anarchiste si il faut un mot, et celui ci ne me convient pas tout à fait, comme toute description. Je suis moi. Même si je me débats avec ces questions torturantes de cohérence : je ne peux pas détacher le politique de ce que je suis, et ce que je suis n’est pas politique parce que la politique est aussi ce qui voudrait me faire oublier ce que je suis et qui se traduit ailleurs, autrement, dans ma façon d’être, et qui ne peut pas être résumable par les petites cases prédéterminées par cette société et pour y trouver une place précise. Cette camarade avec qui je me suis engueulée me l’avait dit pourtant : y’a pas meilleure propagande que voir d’autres agir selon leurs propres principes et s’assumer être tels qu’ils sont, et dans leurs doutes et dans leurs convictions, dans leurs refus et dans les libertés qu’ils prennent. Je ne peux plus écrire autrement qu’en disant « je », parce qu’au delà de la farouche préservation de ce que je suis il y a aussi la volonté de ne pas parler pour d’autres ou prétendre « sauver » : je ne veux ni subir ni exercer de pouvoir et ne peut penser les rapports humains que dans le rejet absolu de l’autorité. La politique est une façon aussi de contraindre à la politisation pour pouvoir exprimer un refus, ou affirmer une autre vision de la vie. Je ne connais pas plus efficace que voir et palper la liberté que d’autres prennent que ce soit dans leur vie, dans leur lutte,dans la discussion ou dans ce qu’ils font quotidiennement, aucun texte ni aucune théorie ne peut valoir ça.

Tout comme j’ai à la fois détaché la politique telle qu’elle existe dans cette société pour la vivre moi plus en cohérence, la politique a disparu  de mon vocabulaire dans ses façons aussi délimitées que la société le voudrait pour mieux ranger les existences. Parce qu’avoir opté pour les mots politiques pendant mon errance militante me rendait aussi sourde à ce que l’autre me disait réellement, je me butais à l’usage d’un mot et m’arrêtait à celui-ci, comme ce mec rejetait toute critique des médias parce qu’il n’y voit qu’une seule chose. Je n’ai pu réellement discuter des choses, politiques ou pas, qu’une fois que j’utilisais mon propre vocabulaire, et mon propre vocabulaire n’est pas que dans les mots que j’emploie mais dans ce que je fais, dans ce que je suis, dans ma considération de l’autre surtout et la capacité à entendre vraiment ce dont il est question.

Tout au mieux on peut tenter de dire comme je tente de le faire, que le texte est un moyen de faire comprendre que ce qu’il se passe politiquement ou pas est ailleurs que dans le texte pour donner envie de sortir des écrans, du textuel, de l’analyse et de l’intellectualisation.